Chaque trimestre, un sujet étudié à la loupe ...
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L'HALITOSE, LE POINT EN 10 QUESTIONS … REPONSES
Les questions :
Les conseils de la cigogne ...
Les réponses :
De la juxtaposition de hal (souffle) et osis (mauvais), halitose signifie mauvaises odeurs ayant pour origine des désordres métaboliques. Par extension, le terme d'halitose buccale concerne l'émission d'odeurs nauséabondes émises par la cavité buccale.
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Oui, quatre niveaux sont décrits. L'halitose trouvant son origine au niveau de la sphère ORL (exemple : sinusite avec écoulement purulent sur la partie postérieure de la langue). Prendre garde à ne pas ignorer la présence d'un corps étranger inhalé chez les enfants !
L'halitose ayant pour origine l'appareil respiratoire bas (bronchite…), les désordres métaboliques physiologiques (jeûnes, tabac, alcool, épices…) ou pathologiques (diabète acéto-acidosique, foetor hépaticus…). Enfin l'halitose buccale proprement dite, d'origine bactérienne ou virale, ce que nous croisons au quotidien.
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Oui, il existe au moins une mauvaise odeur trouvant son origine dans une anomalie génétique. Elle se traduit par l'incapacité pour l'individu à métaboliser un acide aminé, la triméthylamine. Appelée triméthylaminurie , cette affection concerne environ 25000 personnes aux USA . Ses conséquences, outre dysosmie et diagneusie, c'est une impression de poisson pourri en bouche, sensation transitoire et donc difficilement vérifiable au cabinet ; aussi les patients atteints sont souvent étiquetés « troubles psychiques ».
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Bizarrement, non. Des tests réalisés chez des étudiants en chirurgie dentaire ont montré que le diagnostic juste était celui réalisé par un instructeur expérimenté, et qu'un sujet analysé n'était pas capable de caractériser son haleine. Davantage, un sujet peut imaginer émettre des odeurs désagréables ; il s'agit d'une halitose subjective . Elle sera qualifiée de pseudohalitose si elle peut être traitée et d' halitose virtuelle sinon.
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L'halitose apparaît après dégradation d'acides aminés (essentiellement méthionine et lysine issus de la dégradation de protéines en peptides) par des bactéries dîtes asaccharolytiques . On retrouve parmi celles-ci un grand nombre des bactéries anaérobies impliquées dans les processus de destruction parodontale.
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Oui, et le principal pourvoyeur d'odeurs dans la cavité buccale est la surface de la langue . D'anatomie irrégulière, elle est le siège de métabolites (cellules épithéliales mortes desquamées, leucocytes amenés par le fluide…), et de bactéries anaérobies.
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Essentiellement les Composés sulfurés volatils ou CSV (sulfure d'hydrogène H2S, méthylmercaptan CH3SH) ; mais aussi les CSV Non volatils tels les diamines (putrescine ou cadavérine), les acides organiques (valériques, butyriques…), les composés aromatiques (indole, skatole).
Pourquoi existe t-il tant d'odeurs buccales différentes ?
En fait, une analyse méticuleuse de l'air exprimé ne peut se faire qu'en laboratoire, par la technique de chromatographie HPLC. Elle révèle la présence d'une quarantaine de composés différents, ceux-ci variant d'un moment à l'autre de la journée. Autrement dit, il existe une infinité de combinaisons de gaz et donc d'odeurs buccales .
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Oui. Les CSV agissent en tant que perturbateurs du système d'attache parodontal (augmentation de la perméabilité de l'attache épithéliale après exposition à un jet régulier de méthyl-mercaptan), destructeurs des structures profondes parodontales (réduction de la synthèse de collagène et destruction de collagène extracellulaire, modifications morphologiques et fonctionnelles des fibroblastes gingivaux) et « empêcheurs » de cicatriser en rond (absence de tissu épithélial à une semaine sur une plaie exposée à un jet de CH3SH, avec absence de membrane basale).
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Le diagnostic doit débuter par un interrogatoire aussi détaillé que possible ; il s'appuiera tant sur l'anamnèse que sur les conditions de vie et habitudes du sujet. Un examen clinique dentaire et parodontal complété éventuellement par un status radiographique mettra en évidence les niches bactérienne (obturations débordantes, couronnes provisoires en résine…) ou alimentaires, les inflammations sources de saignements (métabolite de choix pour les bactéries) ou infections (nécrose pulpaire, racines fracturées…).
L' évaluation organoleptique est la méthode clinique de référence. Sa pratique s'acquiert rapidement ; en général, deux mesures sont réalisées par deux examinateurs différents. Le diagnostic peut être complété par l'utilisation d'un halimètre , appareil destiné à la mesure globale des CSV. Enfin un diagnostic qualitatif des CSV peut être réalisé grâce à l'Oralchroma.
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Consulté en général en premier, le chirurgien dentiste aura un rôle diagnostique essentiel. Si 85% des odeurs buccales trouvent leur origine au niveau de la cavité buccale, du diagnostic différentiel posé par les 15 % restants dépendra l'orientation du malade chez le bon spécialiste.
Au niveau buccal, le chirurgien dentiste aura pour tâches l'enseignement des techniques d'hygiène, le traitement parodontal, l'élimination de tous les pièges à plaque. La langue justifie des conseils d'hygiène appropriés, brossage ou grattage, avec modération.
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Les conseils de la cigogne ...
1 Halitose rebelle ou diagnostic problématique, adressez votre patient(e) au département de parodontologie de la Faculté de Strasbourg. Un examen et un interrogatoire durent approximativement 2heures 30… difficile à réaliser dans un cabinet d'omnipratique !
2 Un forum est consacré temporairement à ce sujet. Nous vous invitons à apporter des témoignages ou à poser vos questions; nos spécialistes sont là pour vous informer, pour vous conseiller.
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